Trophées, 2022-2023
Trophées du Prix 1 immeuble, 1 œuvre du Ministère de la Culture.
Ce projet part d’une intuition, celle que le mot Trophée cache peut-être plus que ce que je peux croire a priori. Il est le fruit d’un amusement, d’une forme d’enquête, de découvertes au fil des étymologies. Je le voyais déjà comme mise en abîme, aujourd’hui plus encore jeu de sens. Trophée, une superbe figure de ce qu’il souhaite honorer : l’art de créer vu comme prise de guerre, c’est-à-dire comme « l’articulation, la manière particulière d’agencer et d’assembler des éléments après les avoirs saisis ». L’Art, la Poïesis, vu comme « un resserrement technique du continuum du vivant »* et ce, au delà des catégories et des métiers.
*de Technè comme agencement de ce qui existe déjà. Selon le philosophe du langage Fabien Vallos.
Sept boîtes identiques, renferment chacune un objet différent. Sur chaque couvercle se découvre une forme d’énigme, que l’on eut lire par ordre d’apparition historique :
Ar ⏐ tisan
⏐ chitecte
⏐tiste
Ar, de racine Indo-Iranienne :
1. Une action qui ajuste ;
2. Une action qui code, qui règle
(selon le linguiste Emile Benveniste)
A l’intérieur de chaque boîte se trouve un texte-poème (littéralement extrait des définitions du mot Trophée, classées des plus récentes aux plus anciennes comme une lente ascension).


Les 7 objets de bois, sculptés à la main traditionnellement, au veinage choisi, sont tous manipulables et presque tous déboîtables-remboîtables. Ils se situent quelque part à mi-chemin entre l’assemblage technique issu de l’artisanat du bois, la sculpture et la maquette d’architecture.
Chaque objet est accompagné de ses propres cartes sur lesquelles sont inscrits différents mots ou phrases ; ce que pourrait être chaque objet. Ces différents cadres de lecture changent sans cesse la nature et les dimensions de leurs objets et par là, leurs définitions.






© Tristan Reynaud/ MC/ SIPA PRESS
© Pernelle Poyet (photos de détails)