• Bio
  • Née en 1990, Pernelle Poyet vit et travaille à Paris. En juillet 2015 elle est diplômée avec mention spéciale de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI-Les Ateliers, Paris). Avec le projet Alphabet Elle est lauréate de la Design Parade 2016 de la Villa Noailles : prix du public et prix du jury sous la direction de Max Lamb. Ce prix l’a conduite en résidence au Centre International de recherche sur le Verre et les Arts Plastiques (CIRVA) de Marseille, à la Manufacture Nationale de Sèvres – Cité de la Céramique ainsi qu’à la manufacture des tapis de Cogolin. Depuis 2016, designer indépendant, elle travaille autant des projets d’objet que de scénographie, poursuivant sa recherche autour du langage des objets et leur pouvoir d’évocation, de la retranscription du travail de conception — du dessin 2D jusqu’au volume — ou encore, de la démultiplication des nuances et subtilités couleur-matière obtenues par le biais du détournement de techniques de production artisanales traditionnelles.

    ***
  • Approche
  • Quelle est votre approche de la couleur et son rôle dans votre travail ?

    J’ai commencé à travailler la couleur en 2011, pendant un stage de scénographie d’exposition. Je travaillais sur un projet à partir de l’évolution des plans d’architectes. Je définissais et répartissais en zones les fonctions du lieu d’exposition, puis je réalisais les 3D, que j’exportais en dessins filaires aux contours noirs. Et, au moment de réaliser les planches de rendu s’est posée la fameuse question :  « quelles couleurs choisir ? ». Je suis restée muette. Incapable de trouver un sens aux choix de couleurs que je pouvais faire, j’ai laissé l’espace complètement blanc.
    A partir de là, tout ce qui me semblait naturel ne l’était plus. Je me rendis compte que jusque là je n’utilisais pas la couleur, mais colorais vaguement mes projets. Plus, je ne m’étais jamais posé la question de mes outils, de conception et de réalisation.
    De la tradition du croquis filaire aux contours noirs , des plans techniques conventionnels et internationaux N&B, en passant par les perspectives conventionnelles de représentation N&B jusqu’aux logiciels classiques de dessin 3D (héritage des outils cités plus haut), j’avais fini par considérer la couleur comme subsidiaire.
    Ce fut le début d’une forme d’obsession. J’ai commencé par vouloir comprendre la couleur, pour pouvoir l’utiliser, l’appliquer, la maîtriser. Pour cela j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver à ce propos, de Pline l’Ancien à Carlos Cruz Diez, en passant par Aristote, Paul Klee ou Goethe. Je n’y ai trouvé aucune réponse, aucune méthode certaine, seulement beaucoup de nouvelles questions. Le traité des couleurs de Gœthe m’a le plus marquée, car il y est question de phénomènes et d’expériences vécues de la couleur.
    Puis j’ai cherché de nouveaux outils et changé ma méthode de conception, en travaillant en parallèle, écrits, dessins au sens large et volumes.
    Après maintenant neuf années à travailler sur le sujet, je dirais que la couleur est pour moi bien plus qu’une opération d’embellissement en fin de projet. Elle parle et porte autant l’objet que sa forme, son volume et ses proportions. Il est assez peu important pour moi de savoir si un objet sera bleu, jaune ou vert. Ni de quel bleu, de quel jaune ou de quel vert exactement. Cela compte bien sûr, mais ce n’est pas quelque chose que je pense pouvoir expliquer. A la limite je pourrais raconter comment est né le projet, de quoi je me suis inspirée, le fil de ma réflexion ou ce que j’y projette. Mais je ne pourrai jamais dire « ce projet est vert ou bleu, parce que.. ».

     

    La teinte (tel vert, tel jaune ou tel bleu) compte autant que la matière, le degré de transparence, translucidité, matité, la prise à la lumière ou le nombre de nuances ou reflets perçus. Tout cela va de pair à mes yeux. Parce qu’elle est pour moi à la fois en dehors, en amont (ou « à priori ») du langage et en même temps inclue dans une culture (Historique générale, linguistique et plus personnelle), la couleur a la capacité d’évoquer quelque chose ou de rappeler un souvenir, une sensation, même incertaine ou floue. En cela elle a et porte un sens. Par le travail de la couleur/matière/texture/prise à la lumière, etc., j’essaie d’insuffler à mes objets le sens que j’y projette, de leur insuffler une forme de vie. Je crois qu’ainsi, l’objet sera plus susceptible de parler à d’autres personnes, parce que cela donnera au regardeur matière à y projeter ses propres sensations, souvenirs, etc.
    Pour mes objets je pars souvent d’une expérience vécue de l’objet, d’un souvenir. De même pour la couleur-matière, je pars souvent de choses très évidentes, presque prosaïques. J’aimerais pouvoir atteindre un jour (si cela est seulement possible), le degré de vie, de subtilité, de nuances et de reflets d’un pétale de fleur, de pouvoir retrouver cette sensation de matière vivante, comme l’immensité évanescente du ciel, la profondeur insondable des mers ou celle, sourde, d’un lac et leurs constants changements de couleur-lumière.

    Ettore Sottsass écrivait ce texte magnifique en 1992 (« Les couleurs »), que je ne pourrai jamais égaler tant je le trouve juste et beau : « […[ tout dépend de ce que vous voulez dire, des significations que vous voulez attribuer aux couleurs, des histoires que vous voulez raconter, des citations que vous mettez en cause, des temps et des lieux littéraires, des nostalgies qui vous accablent… […] L’idée de la couleur, les couleurs s’évadent toujours dans toutes les directions ; elles s’échappent au ralenti, comme les mots, comme la poésie qu’on ne peut pas saisir, comme les beaux contes. Les couleurs s’échappent, ne s’arrêtent jamais ; il est impossible de dire la couleur n°225, car on ne sait jamais si le n°225 est à côté ou loin de la fenêtre, ni si la lumière qui filtre de la fenêtre est celle du brouillard de l’hiver ou celle, blanche, de l’été, ou si c’est la lumière des arbres du Cambodge ou du désert du Thar.. J’admets qu’il y ait quelqu’un — un peu fou — qui attribue des numéros aux couleurs. Cela peut être utile, pour s’expliquer dans la hâte et l’approximation. Pour les mots, il existe des dictionnaires et des grammaires qui expliquent comment les mots changent lorsqu’on les assemble, ou lorsqu’un mot a plusieurs significations. Les syntaxes expliquent comment assembler les mots pour exprimer certaines choses, et les encyclopédies et tous ces livres qui parlent des mots. Mais tous ces volumes, on le sait, ne font pas la littérature, tous comme les nombres et les noms des vagues — plus poétiques que les nombres — attribués aux couleurs ne font pas la peinture. […] »

    Pour parvenir à capter ne serait-ce qu’une infime part/forme de vie dans un objet manufacturé ou industriel, cela implique de s’intéresser puis de très bien connaître le matériau, les techniques à disposition du lieu de fabrication et leurs possibilités respectives, pour pouvoir les détourner un peu de leur utilisation première et ainsi obtenir le plus de nuances, variations et subtilités possibles. C’est ici que le plus important se joue : l’adaptation et l’évolution de l’intention première selon les contraintes de la réalité.
    Le travail de la couleur coûte cher, plus encore si l’on multiplie les nuances et d’autant plus si l’on est dans une volonté de qualité. Mais la couleur le vaut. Puisque l’on tourne autour, puisque l’on vit avec, pourquoi les objets n’auraient-ils qu’une couleur, unie ? Pourquoi ne pourraient-ils pas être perçus différemment selon leurs faces ou selon la lumière et l’heure de la journée ?

    ***
  • Curriculum
  • Formation
    2010 ― 2015
    Diplômée (Master) avec mention spéciale de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle / ENSCI – Les Ateliers, Paris
    2008 ― 2010
    Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles et à l’ENS CACHAN, département Design, spé. Esthétique et Histoire de l’Art, La Martinière Diderot, Lyon
    2005 ― 2008
    Baccalauréat STI Arts Appliqués, La Martinière Diderot, Lyon

     

    Expérience professionnelle
    2019
    Co-conception du mobilier scénographique des Assises du Design pour l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (EnsadLab), La Cité du Design Saint-Etienne, Ministère de l’Economie et des Finances, Bercy
    2019
    Conception de la scénographie d’exposition Locomotions, Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
    2019
    Développement technique et dossiers APS + APD pour la nouvelle signalétique du FRAC Aquitaine, pour Fanette Mellier et le Frac Aquitaine, Bordeaux
    2019
    Adaptations et itinérance de la scénographie du Fonds international d’objets imprimés de petite taille, pour et avec S-y-n-d-i-c-a-t, Théâtre de l’Hôtel de ville, Le Havre et à la Kunsthal Gent, Ghent
    2019
    Conception de la scénographie d’exposition Postmedium, Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
    2019
    Co-conception du dispositif scénographique Dissect pour l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris / ENSAD x IRCAM, Forum Vertigo : La fabrique du vivant, Centre Georges Pompidou
    2018
    Scénographie de l’exposition Figurés #2, itinérance, Jogging x Villa Noailles, Marseille
    2018
    Résidence à la Manufacture des tapis de Cogolin
    2018
    Co-conception de la scénographie d’exposition Ce n’est pas la taille qui compte (ou Fonds international d’objets imprimés de petite taille) avec S-y-n-d-i-c-a-t, Maba Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne
    2017
    Scénographie de l’exposition Figurés, Villa Noailles, Hyères
    2017
    Scénographie de l’exposition Swing de Fanette Mellier, Médiathèque Charles Gauthier Hermeland, Saint-Herblain
    2017
    Résidence d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques / CIRVA, Marseille
    2017
    Résidence d’un an à la Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique
    2016
    Scénographie de l’exposition P&P – Papillons Imprimeurs de Fanette Mellier, Esba-Nîmes
    2016
    Graphisme de l’exposition Lucinda Childs, Nothing personal 1963-1989 au Centre National de la Dance / CND et à la Galerie Thaddeus Repas, Pantin
    2016
    Développement technique et dossier APS pour la nouvelle signalétique du Carrousel du Louvre en sous-traitance pour David Lebreton et Saguez & Partners, Paris

     

    Prix et Expositions
    2019

    1.4.9 #2, exposition collective, Esac Cambrai
    2019
    Design orienté verre, exposition collective, CIRVA, CID Grand Hornu, Belgique
    2018
    Couleur, exposition collective, Oui Design, Wanted Design Brooklyn, New York
    2018
    Pré-sélection au Design Hublot Prize, présentée par Ronan Bouroullec
    2018
    Exposition collective de la Manufacture Nationale de Sèvres, Van Cleef & Arpels, Milan
    2018
    1.4.9 #1, exposition collective, Villa Belleville
    2017
    Figurés, exposition personnelle, Design Parade 12, Villa Noailles, Hyères
    2016
    Prix du public et Grand Prix du jury, Design Parade 11, Villa Noailles, Hyères

     

    Conférences
    2019
    Festival Voix de femmes, Lièges
    2018
    Académie de Versailles – DRAC x La Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique
    2018
    Lycée Paul Rouvière, Toulon
    2018
    Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique x Le Domaine de Saint-Cloud
    2017
    Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
    2016
    Ecole supérieure des Beaux-Arts, Nîmes

     

    Enseignement, Workshops, ateliers
    2019
    Module de Recherche et Création #2, avec Fanette Mellier, sur 3 mois, Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs / ENSAD, Paris
    2018
    Module de Recherche et Création #1, avec Fanette Mellier, sur 3 mois, Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs / ENSAD, Pais
    2018
    Atelier Design, mensuel, sur 1 an, enfants-adolescents, Villa Noailles, Hyères
    2018
    Intervention, classe STD2A, Lycée Paul Rouvière, Toulon
    2018
    Projet Petits Dégourdis, artiste invitée par la Manufacture Nationale de Sèvres x Le domaine de Saint-Cloud, sur 1 an, avec 12 classes de primaires et collèges, Paris
    2017
    Workshop, sur 1 semaine, pour étudiants, Le signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
    2017
    Atelier, Studio 13-16, Centre Georges Pompidou x Villa Noailles
    2017
    Atelier, Studio 13-16, Centre Georges Pompidou
    2016
    Atelier 10-15 ans sur le verre, Fotokino x CIRVA, Marseille

    ***
Conception graphique : S-y-n-d-i-c-a-t et Pedro Cardoso
Développement : Pedro Cardoso

Adresse

45 rue saint Maur, 75011 Paris
+33 (0)6 32 14 07 54
contact(at)pernellepoyet.fr

  • Bio
  • Approche
  • Curriculum

Adresse

45 rue saint Maur, 75011 Paris
+33 (0)6 32 14 07 54
contact(at)pernellepoyet.fr

Née en 1990, Pernelle Poyet vit et travaille à Paris. En juillet 2015 elle est diplômée avec mention spéciale de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI-Les Ateliers, Paris). Avec le projet Alphabet Elle est lauréate de la Design Parade 2016 de la Villa Noailles : prix du public et prix du jury sous la direction de Max Lamb. Ce prix l’a conduite en résidence au Centre International de recherche sur le Verre et les Arts Plastiques (CIRVA) de Marseille, à la Manufacture Nationale de Sèvres – Cité de la Céramique ainsi qu’à la manufacture des tapis de Cogolin. Depuis 2016, designer indépendant, elle travaille autant des projets d’objet que de scénographie, poursuivant sa recherche autour du langage des objets et leur pouvoir d’évocation, de la retranscription du travail de conception — du dessin 2D jusqu’au volume — ou encore, de la démultiplication des nuances et subtilités couleur-matière obtenues par le biais du détournement de techniques de production artisanales traditionnelles.

***

Quelle est votre approche de la couleur et son rôle dans votre travail ?

J’ai commencé à travailler la couleur en 2011, pendant un stage de scénographie d’exposition. Je travaillais sur un projet à partir de l’évolution des plans d’architectes. Je définissais et répartissais en zones les fonctions du lieu d’exposition, puis je réalisais les 3D, que j’exportais en dessins filaires aux contours noirs. Et, au moment de réaliser les planches de rendu s’est posée la fameuse question :  « quelles couleurs choisir ? ». Je suis restée muette. Incapable de trouver un sens aux choix de couleurs que je pouvais faire, j’ai laissé l’espace complètement blanc.
A partir de là, tout ce qui me semblait naturel ne l’était plus. Je me rendis compte que jusque là je n’utilisais pas la couleur, mais colorais vaguement mes projets. Plus, je ne m’étais jamais posé la question de mes outils, de conception et de réalisation.
De la tradition du croquis filaire aux contours noirs , des plans techniques conventionnels et internationaux N&B, en passant par les perspectives conventionnelles de représentation N&B jusqu’aux logiciels classiques de dessin 3D (héritage des outils cités plus haut), j’avais fini par considérer la couleur comme subsidiaire.
Ce fut le début d’une forme d’obsession. J’ai commencé par vouloir comprendre la couleur, pour pouvoir l’utiliser, l’appliquer, la maîtriser. Pour cela j’ai lu tout ce que j’ai pu trouver à ce propos, de Pline l’Ancien à Carlos Cruz Diez, en passant par Aristote, Paul Klee ou Goethe. Je n’y ai trouvé aucune réponse, aucune méthode certaine, seulement beaucoup de nouvelles questions. Le traité des couleurs de Gœthe m’a le plus marquée, car il y est question de phénomènes et d’expériences vécues de la couleur.
Puis j’ai cherché de nouveaux outils et changé ma méthode de conception, en travaillant en parallèle, écrits, dessins au sens large et volumes.
Après maintenant neuf années à travailler sur le sujet, je dirais que la couleur est pour moi bien plus qu’une opération d’embellissement en fin de projet. Elle parle et porte autant l’objet que sa forme, son volume et ses proportions. Il est assez peu important pour moi de savoir si un objet sera bleu, jaune ou vert. Ni de quel bleu, de quel jaune ou de quel vert exactement. Cela compte bien sûr, mais ce n’est pas quelque chose que je pense pouvoir expliquer. A la limite je pourrais raconter comment est né le projet, de quoi je me suis inspirée, le fil de ma réflexion ou ce que j’y projette. Mais je ne pourrai jamais dire « ce projet est vert ou bleu, parce que.. ».

 

La teinte (tel vert, tel jaune ou tel bleu) compte autant que la matière, le degré de transparence, translucidité, matité, la prise à la lumière ou le nombre de nuances ou reflets perçus. Tout cela va de pair à mes yeux. Parce qu’elle est pour moi à la fois en dehors, en amont (ou « à priori ») du langage et en même temps inclue dans une culture (Historique générale, linguistique et plus personnelle), la couleur a la capacité d’évoquer quelque chose ou de rappeler un souvenir, une sensation, même incertaine ou floue. En cela elle a et porte un sens. Par le travail de la couleur/matière/texture/prise à la lumière, etc., j’essaie d’insuffler à mes objets le sens que j’y projette, de leur insuffler une forme de vie. Je crois qu’ainsi, l’objet sera plus susceptible de parler à d’autres personnes, parce que cela donnera au regardeur matière à y projeter ses propres sensations, souvenirs, etc.
Pour mes objets je pars souvent d’une expérience vécue de l’objet, d’un souvenir. De même pour la couleur-matière, je pars souvent de choses très évidentes, presque prosaïques. J’aimerais pouvoir atteindre un jour (si cela est seulement possible), le degré de vie, de subtilité, de nuances et de reflets d’un pétale de fleur, de pouvoir retrouver cette sensation de matière vivante, comme l’immensité évanescente du ciel, la profondeur insondable des mers ou celle, sourde, d’un lac et leurs constants changements de couleur-lumière.

Ettore Sottsass écrivait ce texte magnifique en 1992 (« Les couleurs »), que je ne pourrai jamais égaler tant je le trouve juste et beau : « […[ tout dépend de ce que vous voulez dire, des significations que vous voulez attribuer aux couleurs, des histoires que vous voulez raconter, des citations que vous mettez en cause, des temps et des lieux littéraires, des nostalgies qui vous accablent… […] L’idée de la couleur, les couleurs s’évadent toujours dans toutes les directions ; elles s’échappent au ralenti, comme les mots, comme la poésie qu’on ne peut pas saisir, comme les beaux contes. Les couleurs s’échappent, ne s’arrêtent jamais ; il est impossible de dire la couleur n°225, car on ne sait jamais si le n°225 est à côté ou loin de la fenêtre, ni si la lumière qui filtre de la fenêtre est celle du brouillard de l’hiver ou celle, blanche, de l’été, ou si c’est la lumière des arbres du Cambodge ou du désert du Thar.. J’admets qu’il y ait quelqu’un — un peu fou — qui attribue des numéros aux couleurs. Cela peut être utile, pour s’expliquer dans la hâte et l’approximation. Pour les mots, il existe des dictionnaires et des grammaires qui expliquent comment les mots changent lorsqu’on les assemble, ou lorsqu’un mot a plusieurs significations. Les syntaxes expliquent comment assembler les mots pour exprimer certaines choses, et les encyclopédies et tous ces livres qui parlent des mots. Mais tous ces volumes, on le sait, ne font pas la littérature, tous comme les nombres et les noms des vagues — plus poétiques que les nombres — attribués aux couleurs ne font pas la peinture. […] »

Pour parvenir à capter ne serait-ce qu’une infime part/forme de vie dans un objet manufacturé ou industriel, cela implique de s’intéresser puis de très bien connaître le matériau, les techniques à disposition du lieu de fabrication et leurs possibilités respectives, pour pouvoir les détourner un peu de leur utilisation première et ainsi obtenir le plus de nuances, variations et subtilités possibles. C’est ici que le plus important se joue : l’adaptation et l’évolution de l’intention première selon les contraintes de la réalité.
Le travail de la couleur coûte cher, plus encore si l’on multiplie les nuances et d’autant plus si l’on est dans une volonté de qualité. Mais la couleur le vaut. Puisque l’on tourne autour, puisque l’on vit avec, pourquoi les objets n’auraient-ils qu’une couleur, unie ? Pourquoi ne pourraient-ils pas être perçus différemment selon leurs faces ou selon la lumière et l’heure de la journée ?

***

Formation
2010 ― 2015
Diplômée (Master) avec mention spéciale de l’Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle / ENSCI – Les Ateliers, Paris
2008 ― 2010
Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles et à l’ENS CACHAN, département Design, spé. Esthétique et Histoire de l’Art, La Martinière Diderot, Lyon
2005 ― 2008
Baccalauréat STI Arts Appliqués, La Martinière Diderot, Lyon

 

Expérience professionnelle
2019
Co-conception du mobilier scénographique des Assises du Design pour l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris (EnsadLab), La Cité du Design Saint-Etienne, Ministère de l’Economie et des Finances, Bercy
2019
Conception de la scénographie d’exposition Locomotions, Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
2019
Développement technique et dossiers APS + APD pour la nouvelle signalétique du FRAC Aquitaine, pour Fanette Mellier et le Frac Aquitaine, Bordeaux
2019
Adaptations et itinérance de la scénographie du Fonds international d’objets imprimés de petite taille, pour et avec S-y-n-d-i-c-a-t, Théâtre de l’Hôtel de ville, Le Havre et à la Kunsthal Gent, Ghent
2019
Conception de la scénographie d’exposition Postmedium, Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
2019
Co-conception du dispositif scénographique Dissect pour l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris / ENSAD x IRCAM, Forum Vertigo : La fabrique du vivant, Centre Georges Pompidou
2018
Scénographie de l’exposition Figurés #2, itinérance, Jogging x Villa Noailles, Marseille
2018
Résidence à la Manufacture des tapis de Cogolin
2018
Co-conception de la scénographie d’exposition Ce n’est pas la taille qui compte (ou Fonds international d’objets imprimés de petite taille) avec S-y-n-d-i-c-a-t, Maba Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne
2017
Scénographie de l’exposition Figurés, Villa Noailles, Hyères
2017
Scénographie de l’exposition Swing de Fanette Mellier, Médiathèque Charles Gauthier Hermeland, Saint-Herblain
2017
Résidence d’un an au Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques / CIRVA, Marseille
2017
Résidence d’un an à la Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique
2016
Scénographie de l’exposition P&P – Papillons Imprimeurs de Fanette Mellier, Esba-Nîmes
2016
Graphisme de l’exposition Lucinda Childs, Nothing personal 1963-1989 au Centre National de la Dance / CND et à la Galerie Thaddeus Repas, Pantin
2016
Développement technique et dossier APS pour la nouvelle signalétique du Carrousel du Louvre en sous-traitance pour David Lebreton et Saguez & Partners, Paris

 

Prix et Expositions
2019

1.4.9 #2, exposition collective, Esac Cambrai
2019
Design orienté verre, exposition collective, CIRVA, CID Grand Hornu, Belgique
2018
Couleur, exposition collective, Oui Design, Wanted Design Brooklyn, New York
2018
Pré-sélection au Design Hublot Prize, présentée par Ronan Bouroullec
2018
Exposition collective de la Manufacture Nationale de Sèvres, Van Cleef & Arpels, Milan
2018
1.4.9 #1, exposition collective, Villa Belleville
2017
Figurés, exposition personnelle, Design Parade 12, Villa Noailles, Hyères
2016
Prix du public et Grand Prix du jury, Design Parade 11, Villa Noailles, Hyères

 

Conférences
2019
Festival Voix de femmes, Lièges
2018
Académie de Versailles – DRAC x La Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique
2018
Lycée Paul Rouvière, Toulon
2018
Manufacture Nationale de Sèvres – cité Céramique x Le Domaine de Saint-Cloud
2017
Le Signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
2016
Ecole supérieure des Beaux-Arts, Nîmes

 

Enseignement, Workshops, ateliers
2019
Module de Recherche et Création #2, avec Fanette Mellier, sur 3 mois, Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs / ENSAD, Paris
2018
Module de Recherche et Création #1, avec Fanette Mellier, sur 3 mois, Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs / ENSAD, Pais
2018
Atelier Design, mensuel, sur 1 an, enfants-adolescents, Villa Noailles, Hyères
2018
Intervention, classe STD2A, Lycée Paul Rouvière, Toulon
2018
Projet Petits Dégourdis, artiste invitée par la Manufacture Nationale de Sèvres x Le domaine de Saint-Cloud, sur 1 an, avec 12 classes de primaires et collèges, Paris
2017
Workshop, sur 1 semaine, pour étudiants, Le signe, Centre National du Graphisme, Chaumont
2017
Atelier, Studio 13-16, Centre Georges Pompidou x Villa Noailles
2017
Atelier, Studio 13-16, Centre Georges Pompidou
2016
Atelier 10-15 ans sur le verre, Fotokino x CIRVA, Marseille

***
Conception graphique : S-y-n-d-i-c-a-t et Pedro Cardoso
Développement : Pedro Cardoso